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mardi 26 mai 2020

Écriture Collective - Chapitre 6 par Isabelle L



Chapitre 6



Les cabanautes s’esclaffaient. L’hilarité était générale et une sorte d’insouciance s’installait dans la communauté.
Alors que la musique ancestrale s’estompait, une mélodie douce venue d’ailleurs enveloppa l’assemblée. Après quelques mesures, une voix féminine chanta dans un souffle léger : Babe alone in Babylone, noyée sous les flots… Les cabanautes, comme hypnotisés, devinrent tour à tour silencieux dans la nuit métallique.
Tous silencieux, sauf un, Victor, que ses compagnons d’aventure surnommaient « Vic dort » pour son air endormi. Là, de façon inhabituelle, goûtant aux paradis artificiels, il se mit à héler ses amis.
  • Hey ! Lucas, t’entends ça ? Cette voix, ce filet de voix...
Hey ! Lucky ! Mon copain l’orni… l’orni… l’ornithorynque…
Hey ! Les amis ! Ting ! Ting ! Ting 
  • Du calme, lui dit Fernand avec bienveillance.
  • Ting ! Ting ! Ting !
  • Qu’est-ce qui t’arrive ? Qu’est-ce que tu me chantes ? C’est quoi ce Ting ! Ce Tang ! C’est cette douce voix qui te fait tanguer ?
  • Tu n’entends pas le Ting ! Ting ! Ting ! Ecoute bien.
Victor tendait un doigt vers le plafond à chaque Ting.
Fernand le suivit des yeux et tendit l’oreille. Au bout de quelques instants, il perçut un son métallique qui se répétait, un son très discret mais suffisamment troublant pour qu’il décide de s’éclipser afin d’essayer d’en repérer l’origine. Jamais de sa vie de mécano il n’avait entendu ça. Plus il s’éloignait de la voix frêle qui chantait noyée sous des flots de lumière, de poussières, d’étoiles éphémères, plus il comprenait que cet étrange cliquetis ne venait pas d’une des dizaines de milliers de pièces qui contribuaient à l’assemblage de la Cabane volante.
Ting ! Ting ! Ting !
Ses pas le conduisaient sans la moindre hésitation vers l’un des jardins baptisé le Jardin des merveilles. Fernand avait l’ouïe fine, tellement habituée à repérer le moindre petit dysfonctionnement de l’infinie mécanique qui l’entourait.
Ting ! Ting ! Ting !
Rythmé par de nombreuses terrasses portées par d’immenses colonnes, le jardin était bordé d’arbres plantés en hauteur.
Ting ! Ting ! Ting !
Ting ! Ting ! Ting !
Fernand se laissa guider par le son dont le volume augmentait au fur et à mesure qu’il avançait vers la colonne A.486+.
Ting ! Ting ! Ting !
Ce n’était plus un cliquetis. C’était très étrange. Ce son ne pouvait pas exister, et pourtant, il était audible. Sa fréquence hertzienne semblait proche de celle de la lumière rouge, et pourtant, cela était impossible dans cet espace. Ce Ting ne pouvait être décrit dans aucun ouvrage, même le plus savant, et pourtant, même « Vic dort » l’avait perçu et il ne rêvait pas.
Ting ! Ting ! Ting !
Fernand colla son oreille à la colonne A.486+. Il ferma les yeux pendant dix secondes. Quand il les rouvrit, il venait de comprendre ce qu’elle renfermait.
Il enlaça longuement A.486+, la tête collée contre elle et le cœur battant, puis, sautant comme un cabri, il descendit de terrasse en terrasse pour rejoindre les cabanautes , tout en fredonnant Babe alone in Babylone …/… tu rêves d’éternité et tu vas la trouver…
Maintenant, il souhaitait rejoindre au plus vite l’homme au parfum de jasmin. Dans le grand salon où la fête battait son plein, Victor s’était endormi au plafond, dans les bras de Lucky.







****************


Le feuilleton du confinement suit son cours. Voici un rappel des éléments de la situation initiale du récit qui ont été choisis ensemble au début de cette aventure d'écriture.

Merci à tous les participants et continuons à donner vie à ce feuilleton.


Qui ? Un jeune cadre dynamique de 35 ans travaillant dans le marketing et une femme retraitée de 70 ans, travaillant dans une ferme écolo bio.

Quoi ? Un voyage initiatique

Comment ? Un road trip

Compagnon ? Un ornithorynque à bec de lièvre

Où ? Dans une cabane volante

Quand ? Dans les années 1970

Accessoire ? Une cigarette


Vous pouvez lire sur le blog les épisodes de cette histoire qui s'annonce farfelue, qui suit et suivra les tours et détours de l'esprit de chaque auteur. Tous les épisodes sont regroupés dans le Dossier "Ecriture collective".

Venez écrire la suite de ce récit pour ceux qui ont envie de participer. Déconfinons notre imagination pour faire vivre cette histoire.
Si vous avez envie de participer à cette aventure à multiples plumes, envoyez un mail à Noé : noe.aguilella-cueco@elan-retrouve.org.














v

vendredi 22 mai 2020

Ecriture collective - Episode 5 par Alice

Chapitre 5


Nos protagonistes s'étaient accrochés à la table encastrée du grand salon, évitant ce qui était arrivé au calife, c'est à dire choir sur un grand arbre. Le fait que la chute de l'arabe se soit faite sans dommage rassura Anne. Tous se redressèrent. La cabane avait changée. Les murs scintillaient. La peau de Lucky tapissait maintenant tout l'habitacle. Les habitants de la cabane s'étaient regroupés sur la place principale dont ce qui était désormais d'immenses hublots laissaient passer la lumière dorée du couchant, lumière qui venait lécher les murs. Les passagers ne savaient trop s'il fallait se réjouir ou pas de cette transformation de leur habitat en ornithorynque géant. Une musique sourde commença à se distiller. Une musique du fond des âges, elle rappelait le souffle vital, le rythme de la marche et aussi celui du battement du cœur. Ils le savaient, ils étaient maintenant dans le ventre de l'ornithorynque, d'ou tous ces percussions qui ressemblaient tant aux rythmes vitaux. Lucky fêtait à sa manière l'anniversaire du vaisseau de part sa métamorphose. De la fumée commença à envahir le cockpit, on s'inquiétait un peu, puis brusquement un grand rire éclata. D'abord il fusa du ventre de l'animal et brusquement il conquit l'assemblée. C'est là qu'Anne comprit que le nouvel agriculteur de son domaine faisait brûler un peu de marijuana pour alimenter Lucky. Sur toutes les figures il y avait des larmes de joie !!! 



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Le feuilleton du confinement suit son cours. Voici un rappel des éléments de la situation initiale du récit qui ont été choisis ensemble au début de cette aventure d'écriture.

Merci à tous les participants et continuons à donner vie à ce feuilleton.


Qui ? Un jeune cadre dynamique de 35 ans travaillant dans le marketing et une femme retraitée de 70 ans, travaillant dans une ferme écolo bio.

Quoi ? Un voyage initiatique

Comment ? Un road trip

Compagnon ? Un ornithorynque à bec de lièvre

Où ? Dans une cabane volante

Quand ? Dans les années 1970

Accessoire ? Une cigarette


Vous pouvez lire sur le blog les épisodes de cette histoire qui s'annonce farfelue, qui suit et suivra les tours et détours de l'esprit de chaque auteur. Tous les épisodes sont regroupés dans le Dossier "Ecriture collective".

Venez écrire la suite de ce récit pour ceux qui ont envie de participer. Déconfinons notre imagination pour faire vivre cette histoire.
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vendredi 15 mai 2020

Ecriture collective - Episode 4 par d'Hélène




Épisode 4



Après la collision de Fernand et de Lucas, Lucas fut un peu secoué et Fernand s’excusa. Lucas lui parla de capitaine flam, il lui dit que c’était son animation préférée. Ils parlèrent de Star Trek mais Fernand ne connaissait pas tous les épisodes. Ils parlèrent aussi des festivités de ce soir à 19h, chacun décida d’y participer mais personne ne s’est encore désigné pour les préparatifs. Fernand alla voir Anne pour lui demander qu’est-ce qu’il en advient pour les festivités.
« Je suis indisposée à me rendre aux festivités,à mon époque, les jeunes filles se couchaient tôt et priaient sereinement . Quand retrouveront nous la piété d’antan ?
Son ornithorynque caquetait il avait mal à la patte , un bagage est tombé d’au-dessus un siège de passager « couloir ». Il a des hématomes.
« Voilà qui fera mon affaire, je vais lui faire un bandage » répliqua t elle. Lucas se posa la question : « Qui va à la fête et qui prépare la soirée ? »
Fernand vint dire à Lucas qu’un nouvel arrivant viens de nous rejoindre. Par sa tenue il semblait oriental et sentait le jasmin, il avait de belles étoffes. Était il Turc? Syrien?Cet homme prit la parole: « Où suis je? »
Lucas lui annonça qu’il est dans une cabane volante et se demanda ce qu’il avait dans sa bourse. Le calife lui répondit qu’il a de l’or avec lequel il comptait s’acheter une caravane de chameaux et quand il pourrait rentrer chez lui faire cet achat. À la vue de l’or, tout le monde eut les yeux équarquillés. Qu’a une secousse très violente pris la cabane qui fit des loopings, le calife sortit de la trappe pour s’écraser mais Fernand s’accrocha à l’or qui lui resta entre les mains. « S’il devait partir c’est qu’il est parti » dit Anne, bien qu’elle lui avait dit que tout allait bien se passer. « Je n’aurais pas pu mieux faire. »
« Et la fête alors? » demanda Lucas.

mercredi 6 mai 2020

Ecriture collective


Le feuilleton du confinement suit son cours. Voici un rappel des éléments de la situation initiale du récit qui ont été choisis ensemble au début de cette aventure d'écriture.

Merci à tous les participants et continuons à donner vie à ce feuilleton.


Qui ? Un jeune cadre dynamique de 35 ans travaillant dans le marketing et une femme retraitée de 70 ans, travaillant dans une ferme écolo bio.

Quoi ? Un voyage initiatique

Comment ? Un road trip

Compagnon ? Un ornithorynque à bec de lièvre

Où ? Dans une cabane volante

Quand ? Dans les années 1970

Accessoire ? Une cigarette


Vous pouvez lire sur le blog les épisodes de cette histoire qui s'annonce farfelue, qui suit et suivra les tours et détours de l'esprit de chaque auteur.

Venez écrire la suite de ce récit pour ceux qui ont envie de participer. Déconfinons notre imagination pour faire vivre cette histoire.
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lundi 27 avril 2020

Ecriture collective - Episode 3 par Tali



Épisode 3


Fernand, c'était le mécano de la Cabane volante. Il n'avait plus entendu le silence depuis 10 ans qu'il travaillait dans la salle des machines. Réveillé en sursaut par cette sensation inédite, il resta immobile, sans comprendre. Il était déboussolé. 7h30. Il était seul dans la pièce. La relève n'allait pas tarder à arriver. Sa garde de nuit était presque finie. Il aimait la solitude du veilleur, chargé d'assurer un sommeil paisible aux habitants de la Cabane. Il acceptait souvent de prendre les services de nuit. Bien trop souvent au goût de sa compagne Anne, sa "tendre fermière", comme il aimait l'appeler.
Anne et lui s'étaient rencontrés à bord de la Cabane il y a près de 30 ans. C'est à cette époque qu'il avait rejoint la folle embarcation. C'était ça ou le service militaire, sur fond d'une nouvelle guerre qui s'annonçait contre l'Allemagne alors il n'avait pas hésité longtemps. Anne avait besoin de bras supplémentaires à la ferme à cette époque, il était venu travailler pour elle et leur rencontre avait été fructueuse dans tous les domaines.
Essayer de nourrir tous les Cabanautes avec si peu de terre à leur disposition était un défi sans cesse renouvelé, voire impossible sans les apports extérieurs, mais ils aménageaient au mieux l'espace et les cultures pour faire sortir le plus de fruits de la terre. Quand les premiers engrais et pesticides avaient fait leur apparition à bord, dans les années 1950, Anne avait refusé tout net leur utilisation, malgré l'augmentation du rendement qu'ils permettaient. Elle avait flairé le danger, méfiante devant la rapidité de croissance des végétaux. D'autres fermiers, car ils étaient quelques uns à avoir un petit bout de terre, avaient fait le choix inverse, mais Anne tenait bon et se targuait de produire les meilleurs fruits et légumes de la Cabane. Elle cultivait même les "meilleures poires de la terre et du ciel", de l'avis général des résidents et de tous les nouveaux arrivants.
Fernand revint à la réalité lorsqu'il aperçut à nouveau la patte de castor géant par le hublot. Un hublot ? Depuis quand y avait-il un hublot ici ? Et... un castor géant ? ... qui avait remplacé les machines ? Il avait assisté à d'étranges phénomènes, durant ces années de vol, mais de mémoire d'ancien, c'était la plus étrange apparition qu'il eût jamais vue. Ce silence envahissant, c'était donc ça... la salle des machines n'existait plus, du moins pour le moment. Il était abasourdi.
Depuis dix ans, il entretenait les moteurs et autres appareils, il réparait, il révisait, il graissait. Dix ans qu'Anne et lui avait pris leur retraite pour confier la gestion de la ferme à un agriculteur américain fraîchement débarqué de Californie et adepte d'organic farming, de massages new age et de cannabis. Il avait tout de suite plu à Anne, qui s'était doucement retiré de l'activité, ne venant plus à la ferme que pour ce qui lui plaisait le plus : bichonner les poiriers et chanter entre les allées du potager pour faire pousser les plantes. Fernand, lui aussi retraité de la ferme, avait repensé à son goût pour la mécanique et s'était proposé comme apprenti à la salle des machines. Heureux de compter une indispensable recrue, l'équipe en place lui avait appris le métier et il était ainsi devenu mécanicien. Mais il se retrouvait désormais avec pour seule mécanique un ornithorynque géant nommé Lucky, avec un bec de lièvre de surcroît, faisant office de moteur, de propulseur, de carburateur, de transmission et même de carburant.
C'est à ce moment que la voix familière retentit : "Chers passagères, chers passagers, il y a 52 ans jour pour jour démarrait notre exceptionnel voyage. Pour célébrer cet anniversaire, des festivités se dérouleront à partir de 19h. Vous trouverez le programme dans votre boîte aux lettres. Nous vous souhaitons une bonne journée". Suivit la même annonce en anglais, en russe, en arabe, en chinois et en espéranto. D'un pas décidé, Fernand, se précipita dans le couloir vers la salle d'état major pour annoncer l'inexplicable événement quand il entra en collision avec Lucas.

A suivre...

vendredi 24 avril 2020

Ecriture collective - Episode 2 par Yannick

Chapitre 2




Après une première partie écrite par David, c'est au tour de Yannick de compléter cette aventure...

L'épisode 1 est à retrouver en allant sur le lien suivant : 

https://ausavsdelaruecadet.blogspot.com/search?updated-max=2020-04-23T01:37:00-07:00&max-results=7


Bonne lecture 



Il entendit aussi l’annonce de l'ornithorynque ,en descendant pour la énième fois vers la cale pour vérifier le moteur, il fût surpris de trouver Anne l’ecofermière ici dans l’escalier avec l’animal dans les bras .

Lucas regarda attentivement cet animal étrange au bec de canard et affublé en plus d 'un bec de lièvre avec une cigarette heureusement éteinte, (les salles des machines n’appréciant pas les incendies. )

-« Bonjour Anne, un nouveau passager à quatre pattes?. »

-« Oui Lucas mais celui-ci n’est pas monté par l’ascenseur. »

Interloqué -« Comment alors? »

C’est la tribu aborigène qu’on a survolé
qui nous l’a envoyé par le monde des rêves
Lucas resta muet, il connaissait la tradition orale millénaire et les peintures aborigènes retraçant pratiquement toute l’histoire de la terre, parlant de la grande inondation ainsi que des dragons qui attaquaient des requins de la taille d’une baleine, cette culture était plus en avance sur le sens caché du monde.
-« Comment est-il apparu alors,?»
-« il est sorti de mon rêve et était au pied de mon lit une cigarette au bec.
J’ai voulu lui enlever mais rien à faire, il tournait en rond dans la chambre et  m’indiqua la porte d’un signe de tête, il se laissa alors prendre dans mes bras et me voici suivant ses directions. »
-« tant qu’il ne met pas le feu à la salle des machines »
A ces mots l’ornithorynque, que l’on décidera plus tard de nommer Lucky pour plus de commodité, sauta des bras d’Anne et fonça vers les flammèches d’allumage du moteur, une fois la clope allumée il souffla une fumée digne d’un brouillard. Le bruit et les vibrations du moteur magnétique s’évapora.
-«On va s’écraser » cria Lucas Mais rien à la place un grand appel d’air aspirant la fumée à l’extérieur. Anne et Lucas éberlués découvrirent à la place des tuyaux, bielles et machines en tout genre le corps entier de Lucky remplacé la salle des machines dans les parois on voyait son cou , pattes et queue sortir à l’extérieur par des ouvertures.
Toujours sur l’escalier Anne et Lucas se regardèrent une seconde et se précipitèrent  sur la véranda centrale avant qui servait à diriger la cabane, à la place des leviers mécaniques une roue de bateau ancienne pouvant tournée à droite à gauche en profondeur, les fenêtres aussi avaient changé plus épaisse elle ressemblait à des hublots de bateau.
Lucky tourna la tête et fît un clin d’oeil en direction d’un gros cadran à la place de la boussole et de l’altimètre; un cadran à levier en cuivre rond indiqué « dimensions » gradués de 1 jusqu’à 7.
C’est à cet instant précis que Fernand se réveilla de sa somnolence, il avait été réveillé par le silence, le bruit des machines et des vibrations auxquels il ne prêtait plus attention depuis des années  le fît presque sursauté il regarda par la fenêtre qui était maintenant en forme de hublot et vit une sorte de patte de castor gigantesque…. 
Le bip sonore précédant une annonce importante retentit alors dans toute la cabane volante…


A suivre...

mercredi 22 avril 2020

Ecriture collective - Episode 1 par David

Chapitre 1


 
« Chers passagers bonjour. Nous sommes le mercredi 22 avril 1974. La température extérieure ce matin est de 27 degrés. Nous survolons à présent le bush australien. Un nouveau compagnon montera à bord . Il s’agit d’un ornithorynque  avec un bec de lièvre. Toute l’équipe de la Cabane volante vous souhaite une excellente journée »



Lucas était habitué à entendre ce type de message, qu’il trouvait farfelu, mais il n’y faisait plus attention. Il n’avait qu’une hâte, que cette interminable aventure cesse. Lucas avait 35 ans et depuis ses 21 ans, il avait rejoint la Cabane volante pour y faire un voyage initiatique . Lucas travaillait en tant que cadre dans le marketing des emballages plastiques alimentaires. Il voulait revenir vivre sur terre pour y faire fortune.



Anne, de son coté, était ravie d’entendre qu’un nouvel animal rejoigne la petite communauté des 1000 passagers. Agée de 70 ans et retraitée, elle s’occupait d’une minuscule ferme écolo bio.

Elle  avait rejoint la Cabane volante à ses 18 ans. Anne était la première participante.



Lucas et Anne n’avaient jamais remis les pieds sur  terre depuis leur départ.



La Cabane volante avait tout pour plaire : de  la taille d’environ 5 terrains de football , elle était construite en teck , avec de large baies vitrées et des balcons, et possédait également plusieurs jardins ainsi qu’une piscine.  Son projet avait eu lieu dans en 1920.

Cette cabane avait pour but de survoler la terre entière, avec de jeunes personnes à son bord, pour leur permettre de s’instruire en découvrant les différentes cultures de tous les continents. C’était une sorte de « croisière » aérienne, entrecoupée de multiples escales. Et à chaque escale, un nouveau passager.

Ainsi, les voyageurs venant de pays éloignés pourraient  vivre une aventure formidable en donnant aux uns et aux autres les moyens de partager leur coutumes, leur savoir faire, leur sagesse. Un véritable voyage initiatique qui devait durer 3 ans



Le projet de la cabane volante était donc révolutionnaire. Chacun y avait un rôle, un travail, des loisirs.



Mais au bout d’un an de vol, le moteur se dérégla, et la porte de sortie se bloqua. Tout le monde se retrouva coincé dans cette machine de bois.

On pouvait toujours prendre l’ascenseur pour monter depuis la terre et accéder à la Cabane volante, mais pas en sortir. Car l’ascenseur  se bloquait si une personne tentait de descendre.

Depuis 51 ans maintenant, de courageux passagers montaient dans la Cabane pour essayer de réparer le moteur, pour apporter des vivres, ou  voir leur proche, sans savoir le jour ou ils pourraient revenir chez eux.



C’est ainsi que Lucas, à  21 ans, était venu apporter un soutien à la communauté en leur apportant des boites en plastique remplis de nourriture , mais il n’avait  pas imaginé rester 14 ans de sa vie dans la Cabane volante.